Laurence Bertrand Dorléac

  • Un ours dans la tête : Greta Thunberg

    Laurence Bertrand Dorléac

    • Folio
    • 3 Mars 2022

    Greta Thunberg est l'icône engagée dans le combat contre le dérèglement climatique depuis sa grève scolaire devant le Parlement suédois tous les vendredis, à partir de l'été 2018. Elle mobilise à l'échelle planétaire, bien au-delà de sa génération et elle influence jusqu'aux déclarations sinon l'action des dirigeants politiques, économiques, religieux.Avec elle, nous sommes largement dans l'univers des formes:des apparitions, des gestes, du langage, de la voix, du visage, des vêtements, des coiffures. Elle entraîne, elle convertit, elle ennuie ou elle exaspère par les formes qu'elle donne à son engagement à travers ses actions reprises dans les médias:réseaux sociaux, vidéos, photographies, caricatures, BD, série télévisuelle, logos, produits dérivés.Même les mots qu'elle emploie, qu'elle répète, qu'elle combine, finissent par agir comme des images mentales contagieuses et ces mots ont la forme de la rébellion, de l'espoir et du désespoir, mais aussi d'une nouvelle raison écologique anxieuse qui s'impose de plus en plus largement.Quand elle dit qu'un jour l'ours polaire privé de sa banquise est resté bloqué dans sa tête, il faut la croire pour entrer dans sa danse.

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  • Pour en finir avec la nature morte

    Laurence Bertrand Dorléac

    • Gallimard
    • 19 Novembre 2020

    Ce livre revisite de fond en comble le genre de la nature morte comme lieu idéal du dialogue entre le vivant et le non-vivant, entre nous et les choses, entre présent et passé. Il invite à repenser l'histoire et la géographie de la représentation des choses : il remonte à la Préhistoire et ouvre des frontières sur d'autres contrées que l'Europe et les États-Unis. Il établit des correspondances entre les arts contemporains et les arts anciens en montrant de quelle manière les choses représentées par les artistes sont un bon observatoire des sensibilités.Cet essai est aussi une histoire de la tension entre l'abondance et son contraire, entre l'être et l'avoir depuis que l'on accumule des vivres, des outils, des armes, des proies, des vêtements, des parures, des choses désirables. Il est fondé sur l'observation des oeuvres d'art des peintres, sculpteurs, photographes et cinéastes (anonymes, Piraïkos, Mu Qi, Aertsen, Spoerri, Gupta, Tati, Tarkovski...) et sur la pensée des savants (Philostrate, Marx, Weber, Sterling, Barthes, Latour, Appadurai...) - et est traversé par l'esprit des poètes et des écrivains (Montaigne, Deubel, Baudelaire, Hugo, Michaux, Ponge, Perec...).

  • Après la guerre

    Laurence Bertrand-Dorléac

    • Gallimard
    • 11 Février 2010

    Que représente l'art en France après la Seconde Guerre mondiale ? On a beaucoup parlé de " reconstruction " à propos de cette période, mais le terme limite considérablement le paysage réel car il ne dit rien du désastre, si bien traduit dans les oeuvres d'art qui sont comme l'envers du décor.
    Encore une fois, ce sont les oeuvres des artistes - dont le métier est de dire l'indicible - qui livrent le plus justement les signes de la libération et de la joie, de la misère et de la colère, de l'amertume, du doute, de la fragilité, du trauma profond, de la mémoire du génocide et de la violence de guerre. L'auteur montre à quel point ces années sont dominées par une forme de liberté étrange où l'art n'a plus à respecter quoi que ce soit après avoir failli disparaître : attaqué, instrumentalisé, censuré par tous les pouvoirs à vocation totalitaire en Europe depuis les années 1920.
    Que le retour aux origines, l'automatisme et l'expressivité sous toutes ses formes dominent une large part de la production des artistes après la guerre, rien de surprenant. Malgré toute la littérature fondée sur le poncif d'une France raisonnable et cartésienne, l'art est fait d'excès, de fureurs et d'hybridations : il n'est pas plus homogène que cette identité nationale dont l'Etat français sous Vichy avait espéré la " purification ".
    Il ne répond plus aux traditions usées par la catastrophe qui vient de se produire. Il est comme la réaction contre " les années sordides ", comme les appelait André Pieyre de Mandiargues.

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